# 14 ✨ Mouitou Prazèche Pourtougal * 🐟🇵🇹
* « enchanté Portugal »… ou quelque chose comme ça!
Maroc – Espagne…
Tétouan – Ceuta… La frontière est là, avant même de changer de continent.
Le passage est presque brutal. Dès la frontière passée (et le camion fouillé de fond en comble par les douaniers marocains…) nous nous retrouvons en Espagne. Même pas pensé à changer les dirhams restant, en croyant naïvement que comme aux autres frontières africaines, on nous proposerait du change… Mais non!
Pas plus pensé à prendre une autre puce de téléphone, et de là à trouver à manger un couscous parce qu’on est vendredi… woualou!
On est bel et bien en Espagne sur ce petit bout de rocher qui étire le continent africain encore un peu plus loin dans la mer. Les rues sont étroites et les places de stationnement pour le camion plutôt rares… de quoi nous rendre un peu dingue d’autant qu’on a rattrapé le décalage horaire et donc perdu une heure. Bref! C’est comme un atterrissage un peu brutal.
Mais la nuit tombante, les lumières s’allument ici, et de l’autre côté du détroit, où se dessine la côte espagnole si proche. Le détroit de Gibraltar…
Vu d’ici, c’est effectivement terriblement tentant d’imaginer traverser par tous les moyens quand on nous l’interdit. Mais des soldats espagnols font les plantons assis sur leurs chaises tous les 50m le long de la côte douanière… rappelant la réalité complexe de ce monde, et ses inégalités.
Pour nous, pas besoin de visa pour un retour en Europe (juste un peu d’argent quand même!). Embarquement sur le ferry et puis la traversée, « taftaf » et nous voilà en Espagne.
Mon cœur se serre de quitter ce continent africain où j’ai laissé un bout de moi… mais c’est une pierre de plus à retrouver.
Macéo est surexcité et tellement content de retrouver de la familiarité dans le mode de vie… car ça le rapproche de chez lui (dixit)!
Et puis, c’est SA journée car c’est son anniversaire, donc bain d’océan (et de foule) pour commencer. La plage n’a pas la même couleur entre janvier et aujourd’hui! 😉


Puis mission steak frites pour ce soir. Cadiz sera notre halte nocturne. Les ruelles pavées et étroites de la ville sont belles et accueillantes, ouvrant sur des petites places aux pieds d’imposants monuments. Les habitants s’y retrouvent en ce samedi soir pour l’apéro, tapas cerveza et plus encore.
Une procession viendra nous faire le spectacle (et l’émotion de ce 30 mai… alors que Jul enflamme le Vel comme il l’avait fait pour nous (si!🥹) l’an dernier…).
Mais steak frites n’est pas si simple à trouver dans ces restaurants typiques espagnols (et d’autant qu’on le parle comme une vache, alors de là à comprendre les cartes de menu! Duolingo n’a pas fait de merveilles non plus!) Ce sera plutôt viande de taureau marinée frites (et vin rioja pour nous… aaaahhhh ENFIN 😅), mais ça fait son effet!
Et la lune est pleine au dessus de nous…

Maintenant, direction le Portugal pour une petite quinzaine de ce qu’on va essayer de vivre comme des vacances avant l’été.
La route nous amène rapidement de « l’autre côté », presque sans se rendre compte du passage de la frontière espagnole mis à part le changement d’heure que là encore, nous n’avions pas du tout anticipé! 🤪
Ce qui m’attrape d’emblée au Portugal, c’est la lumière.
Les murs enduits à la chaux n’y sont sans doute pas pour rien. Le littoral sud du Portugal, l’Algarve, semble typique de ces villages serrés autour d’une église, à flanc de collines, maisons blanches et basses rappelant celles de Vendée ou de l’île d’Yeu, îlots blancs au milieu du décor. Les maisons portent des cheminées, nombreuses, sans doute conçues pour garder la fraicheur à l’intérieur.
Le paysage se dessine au gré des collines et petites buttes ça et là.


La côte rocheuse s’érode facilement et dessine des plages et des baies aux couleurs variées.

L’eau est translucide, dégradés infinis de bleu, et invite à s’y plonger pendant des heures (sauf pour FX, on se rappelle qu’il n’aime pas l’eau!). Macéo s’essaie au skimboard qu’il a reçu pour ses 11 ans et je resterai des heures à le regarder faire, inlassablement, encore et encore…
Le Portugal est un petit pays. Les kilomètres s’enchainent rapidement et nous amène sur le littoral ouest que nous allons remonter tranquillement. Par contre, de ce côté là, il va devenir moins aisé de se baigner tant le vent souffle inlassablement et déchaine l’océan.







A l’Algarve succède l’Alentejo, région centre sud du pays.
Les maisons sont plus hétéroclites, ressemblant davantage à nos pavillons de banlieues. Mais beaucoup de carreaux en façade (pas toujours du meilleur goût, davantage version Sénégal que Maroc en terme d’harmonie des motifs et des couleurs! 😅) et murs ou encadrements de fenêtres et de portes peints aux couleurs pastel jaune bleu rose …
La région est aussi plus industrialisée avec davantage de villes dont nous prendront le temps d’arpenter les rues. Ces rues pavées, aux trottoirs avec des dessins formés de pavés clairs et foncés que nous trouverons dans toutes les villes du sud au nord.







Les villes que nous avons rencontré, celles non loin de la côte océanique, sont très souvent construites sur des buttes. Alors ça grimpe mais les rues ensablées du Sénégal ont entrainé nos jambes!
Lisbonne







Sintra






Coimbra






Et Porto… coup de coeur indéniable!








Les monuments sont nombreux, les façades sont chargées d’histoire à travers les sculptures, l’ancienneté des constructions qui rappellent que le Portugal a une longue histoire peuplée de conquérants (et les lions sont bien représentés 😉) embarqués pour découvrir le monde au-delà de l’océan.




La religion est bien présente aussi. Les églises sont nombreuses, et ornées de représentations surchargées de scènes et de personnages bibliques, le tout dans un éclat doré omniprésent.
Il est par ailleurs fréquent de croiser un christ sur sa croix dans une petite chapelle au détour d’un virage ou au croisement d’une rue, en ville mais aussi beaucoup à la campagne. D’ailleurs, les portugais semblent amateurs du kitch assumé, des statues à chaque faîte de toit, à chaque pilier de mur d’enceinte.


Centro, Norte… les régions se succèdent et progressivement nous nous rapprochons de notre dernière ligne droite.
Nous quittons le littoral pour nous enfoncer plus à l’Est, plus dans les terres. Dans l’arrière pays, les routes sont bien plus défoncées, non sans nous rappeler étrangement un petit bout d’Afrique. Les forêts d’eucalyptus se succèdent, offrant une senteur particulière au voyage. Les maisons en pierre apparaissent, les montagnes se dessinent, les cascades et trous d’eau nous offrent de magnifiques baignades (et de beaux promontoires pour sauter inlassablement pour Macéo!)




Mais la maison nous appelle…
Nous quittons le Portugal avec une tendresse particulière pour cette langue qui swingue et chante (et que nous aurons tant de mal à apprendre… et à comprendre!).
Il est temps de rentrer. Macéo n’en peut plus d’être loin de ses copains, et notre promiscuité de voyage en camion aspire à prendre fin pour que chacun retrouve l’espace dont il a besoin.
La peur du vide est toujours là, bien présente, mais il faudra bien la dépasser pour pouvoir continuer.
Alors nous traversons l’Espagne pour rejoindre la France par le pays basque. Les haltes successives du côté de chez Fredérique, la soeur de FX à Logroño et de chez mon frère Vincent à Hasparren ponctue cette longue ligne droite jusque chez nous.
Mais aujourd’hui nous sommes en France! Macéo retrouve ses repères… 🙄

… et nous les nôtres!

Depuis le départ du Sénégal, l’écriture est moins fluide… Elle portait notre descente vers le Sénégal, elle accompagnait le chemin pour aller « clore » une nouvelle étape de la vie après la mort de Laye-Nino.
Le retour est empreint d’autres émotions, et l’écriture est moins évidente. Les paysages défilent et j’essaie de garder les yeux grands ouverts. La fin de ce voyage est proche…
# 13 ✨ Hier, aujourd'hui, demain
# 15 ✨ Le retour en avant
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4 commentaires
Feloche
🩷🩷🩷🩷🩷🩷🩷 cœurs sur toi ma bâse, et sur vous trois, nous sommes bientôt là…
Maman Mame Martine
Bienvenue chez vous à la maison 💚🍒🍓🍒❤️et plein de tendres bises 🥰😘🥰
Cyril
« …le problème n’est plus de faire que les gens s’expriment, mais de leur ménager des vacuoles de solitude et de silence à partir desquelles ils auraient enfin quelque chose à dire. […] Douceur de n’avoir rien à dire, droit ne n’avoir rien à dire, puisque c’est la condition pour que se forme quelque chose de rare ou de raréfié qui mériterait un peu d’être dit. » (Gillez Deleuze)
Heureux de vous savoir « presque-rentrés », de t’avoir lue tout au long de ces mois. Merci pour le voyage et le récit du voyage… Hâte de vous retrouver au pays.
Cortet Odile
Merci, Manou, et merci à tous trois pour nous avoir permis de partager ce long voyage. Bon retour à la maison ! Très affectueusement, Odile