#6 ✨ De l’autre côté de la mer
A peine le temps de patienter sur le quai, et nous voici à bord du ferry qui va nous déposer une heure plus tard de l’autre côté du détroit, sur ce bout de terre que nous apercevions la veille depuis les dessus d’Algésiras.

Mais débarqués à Ceuta, enclave espagnole, il nous reste encore la frontière à franchir quelques kilomètres plus loin pour nous retrouver au Maroc.
Première frontière un peu « stressante » pour Macéo, qui se retrouve face aux douaniers marocains qui jouent un peu de leur statut (et de leurs tournevis 🙃) pour nous tenir à distance et fouiller chaque recoin du camion.
Forcément, le stock de médicaments pour les algies de F.X n’est pas passé inaperçu. A défaut de tenter d’en faire de la contrebande, l’ordonnance médicale a calmé les ardeurs et permis de tout ranger!
Et même si nous n’avions pas grand chose à craindre, c’est un apprentissage que de gérer ce moment là, celui où ils vont nous autoriser à passer de l’autre côté, à entrer chez eux librement!


Une fois la frontière franchie, nous voici sur les routes du Maroc.
D’emblée, l’Afrique nous ouvre ses bras.
Avec ses couleurs, celles de cette terre rouge (due à une cristallisation du fer de couleur très rouge, typique du climat méditerranéen entre autre… merci @ambrepetit ♥️) sur laquelle se détache le vert des cultures, ou des arbustes, des arbres (eucalyptus, cèdres, chênes liège, oliviers…)



mais aussi les couleurs de ses façades de construction blanches, bleues, vertes, rouges, devantures d’habitations qui se serrent les unes contre les autres, à flanc de colline, créant des dédales de ruelles dans lesquelles il est agréable de se perdre





couleurs de ses mosaïques qui ornent chaque fontaine, porte, façade, sol pavé et nous font poser les yeux partout autour de nous en admiration de cet art du détail et de l’ornement






couleurs de ses étales d’épices, de graines, de fruits, de légumes au coeur des marchés et des souks où grouille la vie quotidienne des marocains des villes
couleurs encore de ses sacs plastiques… auxquels les marocains (je dirais même les africains je crois…) sont encore très attachés, et qui se retrouvent partout, du caniveau au champ, des ruelles aux arbres… pour peindre un décor un peu plus sali.
Alors je ne sais pas si c’est la Coupe d’Afrique des Nations qui a eu lieu au Maroc cette année, ou la proximité de la résidence royale de Mohamed VI à Rabat, mais force est de constater qu’un important effort est fait aux abords des grandes villes, avec beaucoup d’agents déployés pour ramasser les détritus et déchets en tous genre, rendant les pelouses dignes d’un terrain de golf et les rues dégagées de ces poubelles à ciel ouvert (même si on les retrouve un peu plus loin quand même!)
Nous avons commencé notre périple marocain en trainant quelques jours sur la côte méditerranéenne, de Tétouan à l’Oued Laou, histoire de poser un peu le camion et nos valises sur ce continent, prendre la mesure du temps, déconnecter nos téléphones et s’autoriser à sentir, ressentir… et respirer.
Après Duolingo en espagnol, il nous faut quelque temps pour retrouver nos mots français à défaut de pouvoir suivre duolingo en arabe (ça n’existe pas…) Même si nous avons quelques mots de base pour tenter de parler un peu cette langue, il n’est quand même pas si facile d’échanger dans ce coin du Maroc où très peu parlent français (bien plus espagnol!)
Ce début de route au Maroc est peu fréquenté par les touristes, ce qui n’est pas pour nous déplaire, même s’il faut bien se rendre à l’évidence que nous ne sommes pas exempts de ce statut nous aussi!
On se faufile rapidement et discrètement dans les ruelles étroites des souks. Personne ne semble vraiment nous calculer et nous pouvons déambuler à l’envi sans être alpagués régulièrement. Macéo se montre très à l’aise dans cet environnement qu’il découvre et « kiffe le Maroc », ses nikes customisées vuitton, ses jeunes filles voilées qui lui font des coeurs avec leurs doigts, ses enfants qui viennent lui donner quelques leçons de foot de rue, son thé à la menthe bien sucré et ses muezzins qui ressemblent quand même fortement à des motos qui démarrent… 😅

La pluie s’invite pour ce début de séjour Marocain, et nous sommes attendus à Rabat pour y laisser notre camion, histoire de lui faire peau neuve pour une nouvelle vie d’aventures Inch’allah! Alors nous traversons le Rif assez rapidement, et d’autant qu’il fait de nouveau bien froid!






Le temps d’une halte pour la nuit, nous stationnons à 2h de Rabat. Et ce soir… c’est la finale de la CAN, Maroc-Sénégal… Le pays est surexcité, les bars sont bondés (et surtout par la gente masculine!). Nous goutons quelques minutes d’une ambiance de début de match avant de nous retrancher dans notre camion, peut-être par crainte des mouvements de foule… mais aussi, par respect pour les marocains alors que notre coeur balance (un peu) du côté du Sénégal 😉.
Lundi 19 janvier… changement de décor et de mode de vie: notre bon vieux camtar’ est en pension chez Hassane et Nordine à Salé (ville jumelle de Rabat), le temps pour eux de lui réparer tous ses points de rouille et de lui refaire une belle enveloppe.
Pour nous, il s’agit de vider le camion en quelques minutes top chrono car Younes, notre contact qui fait le lien entre son frère Mo’ en France (avec qui FX a organisé ce plan 😉) et les ouvriers ici, doit repartir au boulot!… La quasi totalité du camion se retrouve donc dans la voiture prêtée par Mo’ 🙏, direction Tanger pour loger dans un appartement (encore une fois, merci Mo’ ♥️) bord de mer…
Bon… il fait froid dans cet appartement marocain, sans doute surtout habité l’été, donc conçu pour garder la fraicheur 😉 mais on s’en organise!

Et surprise (ou presque!) Margaux nous retrouve mercredi ☀️ pour passer les 12 prochains jours avec nous.


FX et Younès alternent leurs visites chez le carrossier, donc nous alternons nos journées entre Rabat et Tanger, entre les médinas et les bords de mer, les souks et les mosquées, les cafés et les restaurants… en attendant de retrouver le camion et repartir sur les routes.











Et au détour d’un rempart… un cimetière musulman s’étend à perte de vue, en surplomb de l’embouchure de l’oued qui sépare Salé de Rabat, sous les rayons cachés d’un soleil qui tente parfois de nous réchauffer 🥺

#5 ✨ Sevilla 🇪🇸
# 7 ✨ 12 jours au Maroc: Camtar vs Margaux! ☀️
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5 commentaires
Marie
Merci pour tous ces partages 🤩
Moi aussi je kiffe le Maroc par vos yeux (et Séville aussi j’avoue)
Hâte de lire la suite et de découvrir le camtar repimpé
❤️
Laëtitia
Les petits cailloux font de grands chemins!
Je vous lis avec plaisir et émotions, toujours dans l’attente de la suite!
A défaut d’échange de mots, je vous envoie toujours des bisous!
PS: et le camtar alors? Il est de toute beauté ?
Chantal
Merci Manou pour ce beau voyage. Les photos sont belles et intéressantes et qu’est-ce que c’est agréable de te lire ! Bonne continuation on the road ! Bisous
Isabelle
Coucou vous trois ou 4 encore si Margaux est encore avec vous
Merci pour ces belle photos et ce beau texte qui l’accompagne. Cest vraiment un plaisir de te lire Manou
Continuez bien votre voyage à semer vos petits cailloux dans votre beau camion repeint
gros bisous à vous partager et à bientôt pour la suite
Ps: et encore bravo à Macéo pour son fameux journal
Emma
Merci à tous de vos commentaires.
C’est un plaisir, et presque un besoin d’écrire alors que nous sommes sur la route mais aussi sur ce chemin plus intérieur.
Ecrire prend du temps… mais vos encouragements sont précieux, et me savoir lue l’est aussi.
Je vous embrasse tendrement!
Prenez soin de vous.
♥️
… et bonne lecture du #7! 😉