# 8 ✨ 🎶 Sur la route de Tan-Tan * 🎶
*… oui, nous avons réécouté l’épisode 1 du très bon podcast de @cy-real… et depuis, la chanson est dans nos têtes, comme un mantra! Et surtout parce que nous aussi, nous sommes sur la route de Tan-Tan!
Alors si vous voulez aussi « la réf », je vous invite à suive ce lien:
https://podcast.cy-real.com/@samaafrica 🌍🇸🇳
Cette fois donc, direction le Sud. Il nous faut reprendre nos marques à 3 dans le camion, et l’envie se fait sentir d’enchainer un peu les kilomètres, histoire d’avancer dans notre descente. Parce que « ça reste » encore! (comme on dit au Sénégal ☺️)
Alors, entre Rabat et Tan-Tan…
Il s’est passé une semaine. Une semaine depuis que Margaux est rentrée en France. Une semaine nous 3, dans nos 6m2. Nous parvenons progressivement à laisser un peu plus longtemps la porte latérale ouverte, voir même à sortir la table et les chaises pour manger dehors 🥳.
Mais pas trop non plus, car il continue régulièrement de pleuvoir, de bruiner, de grisouiller et de frisquetter! 😏


Et puis nous avons sans doute un peu trop gouté à l’eau Marocaine (bouillie mais pas assez?) et Macéo et moi avons soupé de bons troubles digestifs en tous genres (FX a bu la même chose, mais c’est un warrior… A part les algies, le reste passe crème!)
Entre Rabat et Tan-Tan, 950 kms de routes, dans les terres ou le long de la côte océanique. Des kilomètres de paysage changeant.
Des fleurs oranges, jaunes, blanches, violettes à perte de vue sur des champs de rocaille et de broussaille avec des « forêts » d’arbres parfois… Et puis, ces magnifiques eucalyptus qui bordent les routes.








Quelques collines se dessinent et laissent apparaitre un nouveau décor au virage suivant. Un arrêt de bus rose… au milieu de nulle part… Une fontaine pour remplir notre réservoir d’eau (que l’on ne boit plus!)


Cette terre argileuse et rouge encore, qui avance sur les routes, comme autant de traces des récents déluges qui ont endeuillé cette région, du côté de Safi particulièrement. Cette terre qui par endroits devient presque verte, là où les contreforts de l’Atlas glissent doucement jusqu’à l’océan.

Et l’océan, cet infini face à nous…







Entre Rabat et Tan-Tan, un monde rural.
Ces gens qui marchent le long de la route. Ces gens qui attendent, qui tendent le pouce ou agitent la main nous prenant pour un taxi clando, puis qui nous adressent de larges saluts chaque fois qu’ils nous « reconnaissent ». Ces bergers debout ou accroupis devant leurs troupeaux, qui nous saluent au passage. Ces marchands d’huile d’argan, d’huile d’olive, d’amlou au miel qui sont installés dans une échoppe de fortune au bord de la route.
Ces enfants sur le chemin de l’école, qui jouent dans les flaques, tiennent la main de leur mère. Ces jeunes lycéennes qui marchent côte à côte, se tenant par les épaules, voilées ou non, se racontant leurs secrets de filles (enfin j’ai plaisir à le croire!). Cet ado contrit d’avoir accepté notre proposition de le déposer au prochain village de son collège 🙃.


Ces femmes enveloppées dans des tissus parfois très colorés qui flottent au vent. Cette femme qui nous invite à passer la nuit tout près de sa maison sur la plage, et qui bercera notre nuit par ses chants fredonnés avec ses 2 amis venus pour la soirée. Cette autre qui viendra m’offrir de l’huile d’olive, du miel et de l’amlou qu’elle a fait, et qui prend presque peur quand je lui offre un pot de confiture d’abricot en échange, pensant que j’allais lui donner de l’argent 🥹. Ou ces 2 autres encore qui traversent l’oued sur leur radeau de « bidons » vides, en se hissant par la corde tendue entre les 2 rives, pour aller travailler dans les champs de l’autre côté.

Ces ânes chargés du fourrage destiné à nourrir la vache au village. Ces moutons beiges, noirs, ces agneaux s’agitant autour du pis de leur mère. Ces chèvres prêtes à traverser sous nos roues, grimpant dans les branches épineuses des arganiers pour en avaler les fruits (et en chier les noyaux… à partir desquelles l’huile d’argan est fabriquée). Ces oiseaux qui chantent dès le lever du jour, comme pour rappeler que la vie continue…



Entre Rabat et Tan-Tan, des étapes pour se poser, une heure, une nuit, un ou deux jours.
Bouznika, sur le parking quasi désert d’un luna park en attente d’animation.

Oualidia, parce que Wali Dia… 😉. Une marée de camping-cars garés côte à côte sur un immense parking au bord de la lagune… Mais comme on n’aime pas les gens (enfin, surtout FX 🤭… quoique, vous seriez surpris de sa transformation 😉), on préfère un autre parking, désert… au pied d’une dune donnant sur l’océan, juste un peu plus loin. Il souffle un vent fort et l’océan est encore bien agité mais tellement beau!

Essaouira. Passage obligé, en souvenir de nos précédents voyages avec les zams, de notre dernière fois au Maroc… et pour Laye-Nino à qui j’avais promis de l’emmener un jour lui aussi…
Mais Macéo est en petite forme donc la valse sera courte. Et au milieu de ces ruelles, je prends conscience de, Ô combien ce voyage est différent de tous les précédents, combien je ne regarde pas les mêmes choses et ne déambule pas avec la légèreté qu’était la nôtre il y a bientôt 4 ans.
Après la mort de Laye-Nino, mais aussi après les kilomètres que nous venons de faire et les moments vécus depuis fin décembre, cette ville (la médina en tous cas) m’apparait comme une enclave ultra touristique, entre la plage et les surfeurs, les étrangers qui boivent une bière en terrasse… (presque ça me choque… j’ai peur de mal tourner! 🤭) Les rues sont propres, les échoppes faites de produits « propres », colorés, brillants… Les devantures des restaurants avec leurs beaux coussins, leurs mobilier en fer forgé… qui effectivement donne un air exotique et cosi aux établissements, à l’image de ce que l’on aime en Europe, mais Mohamed l’a dit : « pas de décoration! » 😅



Plage d’Iftane. Je me souviens que nous sommes venus ici en 2012. Je nous vois marcher ici, avec @LaureU et @Felicia… Cette fois juste nous, des autochtones et des chiens et des chiots, et des sacs poubelles…


Tafedna…2 jours passés au bout de cette route , nouvellement tracée entre la roche et les arganiers, entre Essaouira et Agadir, entre la plage d’Iftane et Tamir…



2 jours entre océan et dune, 2 jours dans cette toute petite enclave habitée de pêcheurs et peuplées de voyageurs qui cherchent la vague pour la surfer, ou qui traînent leur solitude en même temps que leur camion… Les habitants sont surtout des hommes. Quelques femmes et enfants les rejoindront le samedi.


Et des ânes, libres et joueurs… et des chiens, nourris par les hommes, qui jouent aux bergers auprès des ânes, et qui « aboient » le muezzin à heures régulières à défaut d’avoir une mosquée!



Le temps de se poser un peu.
Le temps d’avoir (un peu) plus de soleil… chouia!
Le temps de faire une lessive, de dessiner, de gravir cette drôle de dune, de faire un peu de skate et d’être traversée par quelques minutes d’un bonheur simple.

Et nous reprenons la route. Un ilot de couleurs au détour d’une montagne… 🤩

Juste avant d’arriver à Agadir, ville moderne où nous prendrons juste le temps d’arpenter les couloirs du souk Al-Had et ses 12 portes…




Laazib tout près de Tifnit dans un petit camping qui, au petit matin, me renvoie des souvenirs sonores et visuels de N’dangane (Sénégal). Des oiseaux qui chantent et se perchent sur les branches des arbres et arbustes qui sont plantés là pour nous offrir un emplacement un peu clos. Le vent dans les feuilles des eucalyptus.
Et Abdou… qui a mis sa belle chemise blanche et nous accueille à l’improviste dans son restaurant garage décoré! 🙃


et nous concocte un petit festin, salade marocaine – tajine au poulet (la mer est mauvaise… pas de sardine aujourd’hui) – salade de fruits et thé à la menthe façon sarhaouis (on se rapproche du Sénégal… et du premier thé amer comme la mort! 😄)
et nous parle, nous parle… de son pays, de la vie ici, du foot, du mariage, de son roi. Merci Abdou, ça méritait amplement un sticker dans le garage (et sur la voiture!)

Massa, et le parc national de Souss Massa, autour de l’embouchure de l’Oued Massa. Enclave comme une oasis au coeur de cette terre qui devient rocailleuse et sableuse. Réserve naturelle d’oiseaux majestueux (Ibis chauve, flamands roses, sarcelle marbrée, goeland d’Audouin…), plantes et fleurs colorées et mélanges d’odeurs sucrées…




Entre Rabat et Tan-Tan, des nuits agitées… à penser à Laye-Nino… Equilibre difficile à trouver entre le temps que nous avons et que nous apprenons ensemble (et chacun) à égrener, à occuper, à explorer, même à savourer… et le sentiment d’urgence presque à devoir rejoindre le Sénégal. Peut-être parce que c’est vers ce bout de la route que je tends. Peut-être qu’il devient urgent d’aller me poser là-bas, là où tout a commencé de mon histoire qui a donné naissance à Laye-Nino.
Entre Rabat et Tan-Tan, la longue descente jusqu’aux portes du désert… Le paysage s’assèche, l’anti-atlas nous dévoile ses montagnes pelées, les villages ressemblent à des décors de western…





jusqu’à Tan-Tan…


… la traversée du désert nous attend.
# 9 ✨ La traversée du désert...
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4 commentaires
Chichilia de la Vega
Quel beau récit! Avec ces magnifiques photos! Merci my Queen of the Spritz! On pense à Vous et on oublie pas Laye, toujours une étoile dans nos cœurs ! On vs souhaite toujours et encore de belles rencontres humaines, animales et spirituelles ! Prenez soin de Vous, Cécile, Léa, Rodrigo
Cy-real
Mais waouh, ça va trop vite là ! 🤩🥰
Une semaine sans consulter le blog, et tant d’aventures et de paysages à rattraper…
Merci infiniment pour la dédicace, pour le lien vers le podcast ❤️ et pour le titre de ce billet qui me va droit au coeur ! (le billet de référence date du 29 septembre 2002, il est là : https://samaafrica.cy-real.com/2002/09/29/sur-la-route-de-tan-tan-prince-hassan/)
Les photos sont magnifiques, ton récit est inspiré, mêlant contemplation, humour, émotion, nostalgie, tristesse… l’écriture fait son travail, ne lâche rien ✊
Je fais – « nous » faisons – tous et toutes le voyage avec vous et c’est magique !
Non ce n’est pas le voyage que tu as fait avec la Féloche il y 25 ans,
non ce n’est pas ma traversée – qui n’aurait pas existée si elle n’avait pas été inspirée par la vôtre,
c’est une nouvelle histoire qui s’écrit en famille, qui fait déjà partie de toi, de vous et de nous.
Merci pour tous ces cadeaux et tous les petits cailloux semés tout au long de ce voyage… à très viiiiite !!
Margaux
Bon ben c’est officiel, je l’ai de nouveau dans la tête…
Sur la route de Tan-Tan, sur la route de Tan-Tan 🤪🫠🎤
Anne-Laure Mégemont
Si chouette ce partage!
Merci pour tous ces récits, ces partages si généreux et les photos sublimes.
On pense à vous, merci de nous emmener aussi avec vos mots et votre Amour.
Plein de grosss bises et de pensées quotidiennes pour vous et Laye-Nino dans les étoiles.